Ce que vous avez réellement sur le mur

Ce que l'on appelle « moisissure » est un champignon en deux parties. Il y a le mycélium, un réseau de filaments qui pousse dans le support — enduit, plâtre, papier peint, joint — et il y a les spores, que le champignon libère dans l'air pour se reproduire.

La tache noire que vous voyez est la partie superficielle. Le mycélium, lui, s'étend au-delà du contour visible, souvent de plusieurs centimètres. C'est la raison pour laquelle un nettoyage qui s'arrête au bord de la tache donne l'impression d'avoir marché, puis laisse revenir une auréole exactement sur la limite de la zone nettoyée.

Deuxième conséquence, moins évidente : dans une pièce humide, là où un foyer est visible, les spores sont déjà réparties sur toute la surface. Le mur d'en face n'est pas encore noir, mais il est ensemencé.

Les cinq causes, et comment les reconnaître

Avant de nettoyer quoi que ce soit, il faut savoir d'où vient l'eau. Les cinq origines ne se traitent pas du tout de la même façon, et elles se distinguent presque toujours à l'œil.

1. Une fuite ou une infiltration

La tache a un contour net, comme une carte de géographie. Elle est plus foncée au centre, souvent auréolée de jaune ou de brun. Elle descend du haut vers le bas, ou part d'un point précis : un angle de fenêtre, une descente d'eau, une salle de bain à l'étage. L'enduit peut cloquer.

C'est la seule cause qui ne se règle pas par l'aération. Tant que la fuite coule, tout traitement est perdu.

2. La condensation

La tache est diffuse, sans contour franc. Elle apparaît dans les angles, derrière les meubles, sur les murs qui donnent sur l'extérieur, et surtout du côté nord. Elle est pire en hiver et s'atténue l'été. Les vitres ruissellent le matin.

C'est de loin la cause la plus fréquente dans les logements de la Côte, et c'est celle sur laquelle vous avez le plus de prise.

3. Un pont thermique

Le dessin est le signe distinctif : la moisissure suit une ligne droite. Une ligne horizontale nette en haut du mur, à la jonction avec le plafond, ou un liseré tout autour des fenêtres. Cela veut dire qu'une partie de la structure — nez de dalle, linteau, poteau — est plus froide que le reste et que la condensation s'y dépose en premier.

C'est courant dans le béton des années 1970 et 1980, très présent à Saint-Laurent-du-Var et dans la ville basse de Cagnes-sur-Mer.

4. L'absence de ventilation

Pas de tirage à la grille d'extraction, une odeur de renfermé qui saute au nez quand on ouvre, de la moisissure à l'intérieur des placards fermés et derrière les meubles collés au mur. Le logement produit de l'humidité — douches, cuisine, linge, respiration — et rien ne l'évacue.

Test simple : tenez une feuille de papier fin contre la grille de ventilation. Si elle ne tient pas toute seule, il n'y a pas de tirage.

5. Les remontées capillaires

La moisissure part du bas vers le haut, sur les trente à quatre-vingts premiers centimètres du mur. Elle s'accompagne souvent d'un dépôt blanc et poudreux, le salpêtre, et l'enduit se décolle en plaques. C'est de l'eau qui monte du sol dans le mur.

Le test du papier aluminium

Quand on hésite entre condensation et humidité venant du mur, il existe un test que vous pouvez faire vous-même, sans matériel.

Découpez un carré de papier aluminium d'environ 30 × 30 cm. Scotchez-le sur la zone douteuse en collant les quatre côtés hermétiquement. Laissez en place 48 à 72 heures, dans les conditions habituelles de la pièce.

Des gouttes sur la face visible, côté pièce : c'est de la condensation. L'humidité vient de l'air ambiant.

Des gouttes sous l'aluminium, côté mur, ou un aluminium sec côté pièce et un mur humide dessous : l'eau vient du mur lui-même. Infiltration ou remontée capillaire.

Ce n'est pas une mesure de laboratoire, mais cela oriente correctement dans la grande majorité des cas, et cela évite de dépenser de l'argent du mauvais côté.

Ce que vous pouvez faire vous-même

Autant le dire franchement : sur une petite surface récente, dans une pièce qui s'aère, vous n'avez pas besoin de nous.

  • Petite tache superficielle, moins d'un demi-mètre carré, apparue récemment. Un produit fongicide du commerce, appliqué en respectant le temps de pose indiqué, suffit souvent. Portez des gants et un masque, aérez pendant et après.
  • Ne frottez pas à sec. Brosser une tache sèche projette les spores dans toute la pièce. Humidifiez d'abord.
  • Débordez du contour. Traitez cinq à dix centimètres au-delà de ce que vous voyez, pour les raisons expliquées plus haut.
  • Corrigez l'aération dans la foulée. Sans cela, vous recommencerez dans deux mois.

Pourquoi la tache revient après un nettoyage

Trois raisons, dans l'ordre de fréquence.

La cause n'a pas été traitée. C'est le cas le plus courant. On enlève le symptôme, l'eau continue d'arriver, le champignon repousse sur un support qu'il connaît déjà.

Le nettoyage n'a été que superficiel. L'eau de Javel décolore très bien le pigment noir mais pénètre mal dans un support poreux. Le mur redevient blanc et le mycélium, lui, est toujours en place. Deux semaines plus tard, il ressort.

On a peint par-dessus. Peindre sur une moisissure vivante, même avec une peinture dite anti-moisissure, revient à l'enfermer sous une couche. Elle traverse la peinture neuve en quelques semaines à quelques mois, et il faut alors repeindre par-dessus un support abîmé. L'ordre correct est toujours le même : supprimer la cause, traiter, puis seulement repeindre.

Quand faire appel à quelqu'un

Les signaux qui justifient une intervention plutôt qu'un bricolage :

  • La surface dépasse un mètre carré, ou plusieurs pièces sont touchées.
  • La tache est revenue au moins une fois après un nettoyage sérieux.
  • Elle est dans une chambre où dort un enfant, un asthmatique ou une personne âgée.
  • Elle est derrière un meuble fixe, sous une baignoire, dans une niche ou en hauteur.
  • Vous ne savez pas d'où vient l'eau, et le test ci-dessus ne tranche pas.

Notre traitement ne se contente pas de retirer le dépôt noir : le produit pénètre dans le support et détruit le mycélium et les spores, sans attaquer l'enduit ni la peinture. Dans une pièce humide, les zones atteintes sont traitées complètement et le reste de la surface reçoit un passage préventif, parce que les spores y sont déjà.

Le détail du tarif, la façon dont la surface est mesurée et des exemples chiffrés sont sur la page Tarifs. Le minimum d'intervention dépend de votre commune : voir Villes desservies.