L'air chaud porte plus d'eau que l'air froid

Tout part de là. Un mètre cube d'air à 20 °C peut contenir bien plus de vapeur d'eau que le même mètre cube à 10 °C. Quand de l'air chargé d'humidité touche une surface froide, il refroidit d'un coup, ne peut plus porter toute son eau, et la dépose. C'est de la condensation, exactement le phénomène du verre glacé qui « transpire » en été.

Dans un logement, la vapeur ne manque pas : une douche, une casserole, une machine, du linge qui sèche, et simplement le fait de respirer. Un foyer de quatre personnes libère facilement plusieurs litres d'eau par jour dans l'air.

Le point de rosée, en une phrase utile

Le point de rosée est la température à laquelle l'air doit descendre pour lâcher son eau. Toute surface plus froide que cette valeur se couvre de condensation.

De l'air à 20 °C et 50 % d'humidité a un point de rosée d'environ 9 °C. Toute paroi sous 9 °C se met à suinter.

Le même air à 20 °C et 60 % : point de rosée à environ 12 °C.

À 20 °C et 70 % : environ 14,5 °C.

Retenez la conséquence pratique : chaque fois que l'humidité de la pièce monte, le point de rosée monte avec elle, et de plus en plus de surfaces passent en dessous. C'est pourquoi une pièce qui allait bien à 50 % se couvre de moisissure à 70 % sans que rien d'autre n'ait changé.

Un thermo-hygromètre coûte une quinzaine d'euros et vous dira en dix secondes où vous en êtes. La cible raisonnable est 40 à 60 % d'humidité relative.

Pourquoi toujours le même mur

Parce que la condensation se dépose d'abord sur la surface la plus froide de la pièce. Toujours. Et dans un logement, les points froids sont prévisibles :

  • Les angles de murs donnant sur l'extérieur, où deux parois froides se rejoignent.
  • Les tableaux de fenêtre, plus minces que le reste du mur.
  • Derrière les meubles collés au mur : l'air chaud ne circule plus, la paroi reste froide.
  • Les murs adossés au terrain, comme dans presque tous les rez-de-chaussée de Beausoleil.
  • Les canalisations d'eau froide mal isolées, qui ruissellent en été.

Le pont thermique

Un pont thermique, c'est un endroit où la structure conduit le froid mieux que ce qui l'entoure : un nez de dalle en béton, un linteau, un poteau, un balcon qui traverse la façade. La paroi y est localement plus froide, donc elle passe sous le point de rosée avant le reste.

Le signe qui ne trompe pas est le dessin géométrique. Une moisissure qui suit une ligne droite horizontale en haut du mur, ou qui dessine un cadre régulier autour d'une fenêtre, n'est pas une coïncidence : elle épouse la structure. Une fuite ne fait jamais de lignes droites.

C'est typique du béton des années 1970 et 1980, très présent à Saint-Laurent-du-Var.

Les canalisations, le point oublié

Cas réel rencontré dans un sous-sol : des tuyaux d'eau froide, isolés mais avec une isolation trop mince et mal plaquée. Résultat, de la condensation se forme sur l'isolant lui-même et goutte en continu. Le local reçoit ainsi plusieurs litres d'eau par jour, et toute la pièce moisit — sans la moindre fuite.

Si vous avez des tuyaux qui « transpirent » dans une cave, une buanderie ou une gaine technique, c'est une source d'humidité à part entière. Traiter les murs sans corriger cela revient à écoper.

Aérer correctement

La plus grosse erreur consiste à entrouvrir une fenêtre toute la journée. Cela refroidit lentement les murs, ce qui abaisse leur température de surface, et le résultat est pire qu'avant.

La bonne méthode : court et large. Ouvrir en grand cinq à dix minutes, deux à trois fois par jour, en créant un courant d'air entre deux ouvertures opposées. L'air se renouvelle entièrement, mais les murs n'ont pas le temps de se refroidir. La chaleur est stockée dans les parois, pas dans l'air.

Le reste de la liste, par ordre d'efficacité réelle :

  • Une raclette après la douche et la porte de la salle de bain laissée ouverte ensuite.
  • Un couvercle sur les casseroles, et la hotte allumée pendant la cuisson.
  • Ne pas faire sécher le linge à l'intérieur sans aérer. Une machine de linge étendue, c'est deux à trois litres d'eau libérés dans l'appartement.
  • Cinq centimètres entre les meubles et les murs froids, pour que l'air circule derrière.
  • Vérifier la grille d'extraction : une feuille de papier fin doit y tenir seule. Sinon, la VMC ne fait plus rien.
  • Ne pas descendre le chauffage trop bas dans les pièces peu utilisées. Une chambre froide dont la porte s'ouvre sur un couloir chaud est un piège à condensation.

Quand ça ne suffit plus

Si vous avez corrigé l'aération, que l'hygromètre reste sous 60 % et que la moisissure revient quand même, c'est que la paroi est trop froide et que le problème est structurel : isolation, pont thermique, mur enterré. Là, l'aération ne peut plus rien et il faut un diagnostic instrumenté — mesure des températures de surface et du point de rosée, calcul thermique.

Nous ne réalisons pas ces mesures et nous ne faisons pas d'isolation. Pendant l'intervention, nous identifions visuellement la cause et vous disons ce qu'il faut faire mesurer. Le détail est sur la page Tarifs.